Infanticide à Gaza : De la Première Intifada à la guerre de 2023-2026

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Infanticide à Gaza : De la Première Intifada à la guerre de 2023-2026

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Introduction : La déconstruction du paradigme de la rupture historique

Dans l'historiographie contemporaine des conflits asymétriques, l'établissement d'une chronologie sert fréquemment d'instrument discursif pour légitimer ou délégitimer l'usage de la violence d'État. Dans le cadre du conflit israélo-palestinien, et plus spécifiquement concernant l'enclave de la bande de Gaza, un paradigme réducteur s'est profondément enraciné dans de nombreux discours politiques et médiatiques internationaux : l'affirmation selon laquelle la destruction massive de la population civile gazaouie, et tout particulièrement l'anéantissement de ses enfants, aurait débuté de manière abrupte le 7 octobre 2023. Cette prémisse, qui postule l'existence d'un état de paix ou de latence brutalement rompu, est non seulement historiquement inexacte, mais elle occulte délibérément une violence structurelle, systémique et méticuleusement documentée qui s'étend sur près de quatre décennies.

L'analyse minutieuse des bases de données démographiques, des rapports d'investigation d'organisations de défense des droits humains palestiniennes, israéliennes et internationales, ainsi que des archives médicales, démontre de manière univoque que les décès d'enfants palestiniens à Gaza, causés par l'appareil militaire et sécuritaire israélien, s'inscrivent dans un continuum temporel ininterrompu depuis le déclenchement de la Première Intifada en décembre 1987.1 Que ce soit par l'usage banalisé de balles réelles lors d'opérations de maintien de l'ordre, par des assassinats ciblés aériens engendrant des dommages collatéraux massifs acceptés par le commandement, par l'usage de tirs de précision contre des manifestants désarmés, ou par des campagnes de pilonnage urbain indiscriminé, l'enfant gazaoui a été de façon constante et structurelle exposé à une force létale disproportionnée.

La protection de l'enfance, théoriquement garantie par le droit international humanitaire et la Convention relative aux droits de l'enfant ratifiée par Israël en 1991, s'est heurtée à une doctrine militaire évolutive qui a progressivement reclassifié l'espace civil palestinien en zone de combat légitime.3 Le présent rapport propose une reconstitution chronologique, statistique et analytique exhaustive des décès d'enfants à Gaza de 1987 à 2026. En s'appuyant sur l'autopsie de cas emblématiques et hyper-médiatisés — tels que l'exécution sommaire de la jeune Iman Darweesh Al Hams ou le bombardement naval des enfants de la famille Bakr sur une plage publique — ainsi que sur l'étude des massacres de masse de lignées familiales entières, cette recherche met en lumière l'évolution des tactiques militaires israéliennes. L'objectif fondamental de cette démonstration est d'exposer les dynamiques institutionnelles, juridiques et doctrinales qui sous-tendent cette létalité, prouvant ainsi que la tragédie génocidaire actuelle n'est aucunement une anomalie conjoncturelle née en 2023, mais bien le point culminant d'une matrice de violence qui a systématiquement failli à son obligation de sanctuariser la vie des mineurs.3

La Première Intifada et l'émergence de l'enfant comme cible sécuritaire (1987-1993)

Le soulèvement des pierres et la redéfinition de la menace

L'étincelle de la Première Intifada (ou « soulèvement ») a jailli le 8 décembre 1987, lorsqu'un transporteur de chars de l'armée israélienne a percuté un groupe de travailleurs palestiniens dans la bande de Gaza, tuant quatre personnes et en blessant neuf autres.1 Cet événement, perçu comme intentionnel par une population vivant sous une occupation militaire brutale depuis vingt ans, a déclenché des manifestations immédiates le 9 décembre dans le camp de réfugiés de Jabalia, le plus grand camp de Palestine.1 Ce soulèvement populaire s'est fondamentalement distingué des conflits armés précédents par sa nature asymétrique et sa composition démographique : il s'agissait d'une rébellion de masse menée principalement par une jeunesse désarmée, affrontant l'une des armées les plus puissantes du monde avec des pierres, des barricades et des actes de désobéissance civile.1

Face à cette mobilisation qui a échappé au contrôle de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) exilée à Tunis, l'appareil de défense israélien, sous la direction du ministre de la Défense Yitzhak Rabin, a institutionnalisé la politique dite de la « main de fer » (iron fist).2 Cette doctrine ordonnait explicitement de briser les os des manifestants et autorisait l'usage de balles réelles contre des foules non armées.2 La première victime enregistrée de ce soulèvement fut Hatem al-Sisi, un adolescent de dix-sept ans, tué d'une balle dans le cœur par un soldat israélien à Jabalia.2 La violence ne s'est pas limitée aux affrontements directs ; elle s'est infiltrée dans le quotidien des mineurs. À titre d'exemple, en octobre 1987, peu avant l'embrasement général, Intisar al-'Attar, une écolière palestinienne de 17 ans, a été abattue d'une balle dans le dos dans la cour de son école à Deir al-Balah par un colon israélien de la bande de Gaza qui l'accusait d'avoir jeté des pierres.9

L'analyse des statistiques démographiques pour la période allant de décembre 1987 à la signature de la Déclaration de principes (Accords d'Oslo) en septembre 1993 illustre une mortalité infantile qui ne relève pas de l'accident, mais d'une doctrine de répression létale. Les forces de sécurité israéliennes et les colons ont tué des centaines de mineurs palestiniens dans les territoires occupés, créant un précédent effroyable pour les décennies à venir.

Année Mineurs tués par les forces de sécurité israéliennes Mineurs tués par des civils/colons israéliens
Décembre 1987 5 0
1988 48 2
1989 78 5
1990 23 2
1991 24 3
1992 23 0
1993 (jusqu'au 13 septembre) 36 1
Total de la période 237 13

Source des données : Analyse des statistiques de l'organisation B'Tselem 5

L'examen de cette première phase révèle une mutation psychologique et conceptuelle majeure au sein du commandement et des troupes israéliennes : l'enfant palestinien, jadis perçu, du moins théoriquement, comme un civil nécessitant protection, a été cognitivement redéfini comme une menace sécuritaire intrinsèque. La criminalisation de l'enfance palestinienne, objectivée par l'arrestation de dizaines de milliers de jeunes et les tirs mortels sur des lanceurs de pierres, a jeté les fondations idéologiques qui permettront plus tard de justifier des bombardements massifs sous couvert de lutte antiterroriste.

L'illusion d'Oslo, le blocus naissant et les émeutes des tunnels (1994-2000)

La violence en temps de processus de paix

La signature des Accords d'Oslo en 1993 a été présentée à la communauté internationale comme la fin de l'occupation et l'aube d'une coexistence pacifique. Cependant, sur le terrain, notamment dans la bande de Gaza, l'architecture de l'occupation militaire ne s'est pas démantelée ; elle s'est reconfigurée.2 La mise en place d'un système de points de contrôle (checkpoints), le cloisonnement des territoires et les premières itérations de fermetures hermétiques ont engendré une dévastation économique qui a maintenu un niveau de tension critique au sein de la population civile.10

Les décès de mineurs ne se sont pas arrêtés avec la diplomatie. Entre la fin de l'année 1993 et l'éclatement de la Seconde Intifada en 2000, l'usage de tirs à balles réelles est resté une réponse standardisée face aux manifestations ou aux simples mouvements perçus comme suspects près des colonies et des bases militaires maintenues à l'intérieur de Gaza.5

Le catalyseur de septembre 1996 : La mort au-delà des lignes de front

L'un des épisodes les plus meurtriers de cette période de transition s'est déroulé en septembre 1996, lors des « Émeutes du Tunnel du Mur des Lamentations ».11 Le 24 septembre, le gouvernement israélien a décidé d'ouvrir une seconde entrée au tunnel archéologique longeant le Mont du Temple/Esplanade des Mosquées dans le quartier musulman de la vieille ville de Jérusalem.11 Ce qui a commencé comme une manifestation locale face à ce qui était perçu comme une menace existentielle contre les sites sacrés islamiques s'est immédiatement propagé à la Cisjordanie et à la bande de Gaza, enflammant une population palestinienne déjà asphyxiée par les bouclages économiques.10

Pour la première fois, des affrontements armés ont éclaté entre les Forces de Défense Israéliennes (FDI) et les toutes nouvelles Forces de Sécurité Nationales Palestiniennes (NSF).11 Dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, les émeutes ont duré principalement quatre jours et se sont soldées par la mort de 59 Palestiniens et de nombreux enfants tués dans les échanges de tirs croisés ou ciblés lors de jets de pierres.10 Les enquêtes indépendantes menées sur ces événements ont conclu que la réponse militaire israélienne était disproportionnée et ne cherchait pas à apaiser la situation, mais à écraser la contestation par la supériorité balistique.10 Cette période intermédiaire démontre que la vie de l'enfant gazaoui n'a jamais été sanctuarisée par le processus de paix ; elle est demeurée conditionnée aux impératifs d'une occupation qui refusait de concéder sa souveraineté coercitive.

La Seconde Intifada et la militarisation de l'espace urbain (2000-2005)

L'effondrement définitif de la distinction civile

Le 28 septembre 2000, la visite hautement provocatrice du leader de l'opposition israélienne Ariel Sharon, escorté par un millier de policiers armés, sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem, a déclenché la Seconde Intifada (ou Intifada Al-Aqsa).4 Contrairement au soulèvement précédent, la répression de cette seconde révolte s'est immédiatement militarisée. Au cours des cinq premiers jours seulement, les forces de sécurité israéliennes ont tué au moins 47 manifestants palestiniens en utilisant des balles recouvertes de caoutchouc, des gaz lacrymogènes et, surtout, des munitions de guerre à feu réel.12

La dynamique dans la bande de Gaza a rapidement muté d'une confrontation de rue à une véritable guerre asymétrique urbaine. Les forces d'occupation israéliennes (FDI) ont délaissé les méthodes policières de maintien de l'ordre pour recourir à des bombardements par hélicoptères de combat, des tirs de chars et des frappes de missiles sur des quartiers résidentiels d'une densité étouffante.3 Le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme (PCHR) a relevé qu'entre septembre 2000 et juin 2008, les forces israéliennes ont tué près de 5 000 Palestiniens, dont une vaste majorité de civils. Parmi ces victimes, on comptait 859 enfants.3 D'autres bases de données, comme celles de B'Tselem ou de Defense for Children International (DCI), évaluent à près de 1 996 le nombre d'enfants palestiniens tués depuis le début de la Seconde Intifada.4

Cette hécatombe s'explique par l'imposition de bombardements de masse dans et autour des zones résidentielles, ainsi que par des centaines d'opérations d'exécutions extrajudiciaires (assassinats ciblés) qui n'ont tenu aucun compte de la présence de civils et de mineurs dans le rayon de l'explosion.3

Le bombardement de Daraj en 2002 : La redéfinition de la "proportionnalité"

La cristallisation de cette nouvelle doctrine militaire, qui tolère des niveaux extrêmes de dommages collatéraux infantiles, est intervenue le 22 juillet 2002. Cette nuit-là, un chasseur F-16 israélien a largué une bombe d'une tonne sur un immeuble d'habitation de trois étages situé au cœur du quartier résidentiel ultra-dense de Daraj, dans la ville de Gaza.13 L'objectif de l'armée israélienne était d'assassiner Sheikh Salah Shehadeh, un haut commandant de la branche militaire du Hamas.15

La bombe n'a pas seulement tué la cible et son garde du corps. L'explosion a pulvérisé le bâtiment et dévasté les immeubles adjacents, enterrant des dizaines de civils sous les décombres alors qu'ils dormaient.15 Le bilan s'est élevé à 15 civils tués, parmi lesquels la femme de Shehadeh et 11 enfants en bas âge.13

L'analyse des victimes mineures de cette frappe révèle l'ampleur de l'aveuglement tactique assumé par l'état-major israélien :

Enfants tués lors de l'assassinat de S. Shehadeh (Gaza, 22 juillet 2002) Âge
Dunya Mattar 2 mois
Ayman Mattar 2 ans
Mohammed Al-Huwaity 3 ans
Mohammed Mattar 4 ans
Subhi Al-Huwaity 4 ans
Ahmad Al-Shawwa 5 ans
Diana Mattar 5 ans
Ala' Mattar 11 ans
Iman Salah Shehada 14 ans
Deux autres mineurs non précisés dans cet échantillon N/A

Source : Rapports des Nations Unies et investigations juridiques 16

Ce massacre a généré une onde de choc internationale et a même fait l'objet de tentatives de poursuites pour crimes contre l'humanité en Espagne contre l'ancien ministre de la Défense Benjamin Ben Eliezer et le chef d'état-major Moshe Ya'alon, en vertu de la compétence universelle.14 Le juge espagnol Fernando Andreu a souligné que le largage d'une arme d'une telle puissance destructrice sur une zone résidentielle garantissait inévitablement un bain de sang civil.14 Cependant, d'un point de vue doctrinal pour Israël, cet événement a agi comme un précédent. En justifiant l'élimination de ces 11 enfants comme une conséquence malheureuse mais acceptable pour atteindre un commandant ennemi, l'armée israélienne a fondamentalement altéré son calcul de proportionnalité, préparant le terrain pour les guerres de destruction totale de la décennie suivante.

L'exécution d'Iman Darweesh Al Hams (2004) : La culture de l'impunité institutionnalisée

Si les bombardements aériens permettaient d'invoquer l'excuse de la distance et du brouillard de la guerre, l'assassinat de la jeune Iman Darweesh Al Hams a exposé au grand jour la brutalité viscérale des règles d'engagement au sol et l'impunité institutionnelle absolue qui règne au sein des forces israéliennes.17

Le 5 octobre 2004, Iman, une écolière palestinienne de 13 ans vêtue de son uniforme, marchait près d'une zone décrétée "no-man's land" par Israël le long de la route de Philadelphie à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.17 Repérée par les soldats d'un poste d'observation militaire israélien, elle a essuyé des premiers tirs qui l'ont blessée et poussée à fuir en laissant tomber son cartable.20

Ce qui s'est passé ensuite a été méticuleusement documenté par les communications radio internes de l'unité et les témoignages des soldats subordonnés. Le commandant de l'unité a quitté la sécurité de son poste pour s'approcher de la fillette qui gisait au sol à environ 70 mètres.20 Selon les soldats horrifiés qui suivaient la scène par radio et de visu, le commandant a tiré deux balles à bout portant dans la tête de la jeune fille blessée.20 Ignorant les objections de ses hommes à la radio, qui précisaient qu'il s'agissait « juste d'une fille de 13 ans », le commandant s'est retourné, a basculé son fusil d'assaut en mode automatique, et a vidé l'intégralité de son chargeur dans le corps de l'enfant.20 Le docteur Mohammed al-Hams, qui a examiné le corps à l'hôpital Abu Yousif An Najjar, a confirmé avoir extrait au moins 17 balles du cadavre disloqué de la fillette, avec les blessures les plus graves localisées à la tête et à la poitrine.20

Le scandale généré par la diffusion de cette affaire par les médias israéliens et internationaux a forcé l'armée à agir. Toutefois, l'analyse de l'appareil judiciaire militaire israélien dans cette affaire est révélatrice d'une fabrique systémique d'impunité. Lors de son procès devant un tribunal militaire, le commandant n'a exprimé aucun regret, affirmant qu'il aurait agi de la même manière même si la cible avait été un enfant de 3 ans.20 Son équipe de défense a argumenté que son action relevait d'une pratique militaire israélienne standard appelée « confirmation de l'élimination » (verification of the kill), visant à s'assurer qu'un suspect abattu ne posait plus de menace terroriste.20

Accusé initialement d'usage illégal de son arme et de comportement indigne d'un officier (et non de meurtre), le commandant a été purement et simplement acquitté de toutes les charges.17 Pire encore, il a par la suite été promu au grade de major et a reçu une compensation financière après qu'un tribunal civil de Jérusalem a jugé diffamatoire le reportage de la journaliste ayant exposé l'affaire.17 Ce dénouement confirme que l'exécution sommaire d'enfants palestiniens, même lorsqu'elle est dénoncée de l'intérieur par d'autres soldats, est couverte, justifiée, et récompensée par l'appareil d'État israélien.

Opérations "Arc-en-ciel" et "Jours de Pénitence" : Raser la terre (2004)

L'année 2004 a été marquée par de vastes incursions destructrices. En mai, lors de l'« Opération Arc-en-ciel » à Rafah, l'armée israélienne a entrepris de détruire les infrastructures civiles sous prétexte de chercher des tunnels de contrebande. Les bulldozers Caterpillar D9 ont rasé près de 300 à 400 maisons, laissant des milliers de personnes sans abri, détruisant l'infrastructure municipale (eau, électricité, égouts) et rasant 70 hectares de terres agricoles.22 Au cours de cette opération, entre 43 et 59 Palestiniens ont été tués. Human Rights Watch a documenté la mort de 59 Palestiniens, dont au moins 11 enfants (18 selon le centre Al Mezan) fauchés par des tirs de chars et d'hélicoptères frappant aveuglément des quartiers civils comme le bloc O, alors même que les habitants tentaient de fuir les démolitions de masse.22

À l'automne de la même année, du 28 septembre à la mi-octobre, les forces israéliennes ont lancé l'« Opération Jours de Pénitence » dans le nord de la bande de Gaza, ciblant Jabalia, Beit Lahia et Beit Hanoun en réponse à des tirs de roquettes rudimentaires.26 Cette incursion massive impliquant des centaines de véhicules blindés a assiégé plus de 36 000 Palestiniens.27 Les forces israéliennes ont tué plus de 130 Palestiniens, dont 31 enfants.19 Les rapports ont documenté des massacres insoutenables, tels que la mort de deux enfants tués par un obus alors qu'ils se trouvaient dans une foule près du camp de Jabalia, ou l'assassinat d'une autre fillette de 12 ans, Samah Mu'een Udeh, abattue d'une balle dans la tête à Beit Hanoun.26 Le ratio des victimes relevé par les observateurs de l'époque était terrifiant : si pour la population globale le ratio des pertes était de trois Palestiniens pour un Israélien, lorsqu'il s'agissait des mineurs, ce ratio montait à cinq enfants palestiniens tués pour chaque enfant israélien.19 L'octobre 2004 s'est ainsi avéré être le mois le plus meurtrier depuis l'opération Rempart en 2002.28

Le blocus hermétique et l'ère des destructions de masse (2006-2014)

2006 : Les plages de la mort et l'Opération Pluies d'été

Suite au retrait unilatéral des colons de Gaza en 2005 (qui n'a en rien mis fin au contrôle effectif de l'espace aérien, maritime et des frontières terrestres par Israël), et consécutivement à la victoire électorale du Hamas suivie de la prise de contrôle de l'enclave, Israël a imposé un blocus total et punitif sur le territoire. Transformée en prison à ciel ouvert, la bande de Gaza est devenue le laboratoire de nouvelles tactiques de punition collective.

Le 9 juin 2006, la terreur a frappé un espace de loisirs civil. La famille Ghaliya profitait d'un pique-nique sur la plage de Beit Lahia lorsqu'une série de tirs d'artillerie navale ou terrestre israélienne a frappé le sable.29 L'explosion a déchiqueté sept membres de la famille. Huda Ghaliya, une enfant de 7 ans, a survécu avec quelques proches (dont Ayham et Adham, gravement blessés par des éclats).29 Les images vidéo de la petite Huda courant hystériquement sur la plage, hurlant de désespoir et tombant à genoux près du corps mutilé de son père, ont brièvement bouleversé l'opinion publique mondiale. Israël a tenté de nier sa responsabilité, mais les enquêtes indépendantes ont pointé vers l'artillerie israélienne tirant de manière imprudente sur des zones civiles fréquentées.

Fin juin 2006, suite à la capture du soldat Gilad Shalit, Israël a déclenché l'« Opération Pluies d'été ». En l'espace de dix semaines, 202 Palestiniens ont été tués.30 Au cours des premières phases de cette opération, 184 Palestiniens ont péri, dont 42 enfants.31 Cette opération a introduit et systématisé la méthode macabre des frappes aériennes sur des maisons habitées, parfois précédées de brefs avertissements téléphoniques (la doctrine du "roof knocking" ou "frappe sur le toit"), qui provoquaient une panique généralisée sans garantir la survie des occupants.31

Opération Plomb Durci (2008-2009) : Le génocide généalogique

Le 27 décembre 2008, l'armée israélienne a initié l'« Opération Plomb Durci », une offensive d'une ampleur inédite visant officiellement à faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes.32 Pendant 22 jours, des escadrons de bombardiers ont déversé des milliers de tonnes d'explosifs sur l'un des territoires les plus densément peuplés du monde. Des armes prohibées pour un usage en zone urbaine, telles que le phosphore blanc, ont été déployées, causant des brûlures chimiques atroces qui consumaient la chair jusqu'à l'os.6

Les rapports humanitaires compilés à la fin du conflit sont d'une brutalité clinique. Le PCHR a recensé 1 414 Palestiniens tués, estimant que 83 % d'entre eux étaient des civils.34 Parmi ces morts figuraient 313 enfants âgés de moins de 18 ans.34 Rien que dans les premières 48 heures de l'assaut, qui visaient notamment des cérémonies de remise de diplômes de policiers civils, 32 enfants ont été pulvérisés par les frappes de précision.32 Le rapport "War Crimes Against Children" décrit des cas terrifiants d'enfants fuyant leurs domiciles sur ordre de l'armée, seulement pour être abattus dans la rue, à l'instar de la petite Farah al-Helu, 18 mois, abattue d'une balle dans l'estomac par des soldats israéliens alors que sa famille tentait d'évacuer Zeitoun.34

L'héritage le plus sombre de Plomb Durci reste l'effacement de lignées familiales entières. Le massacre de la famille Samouni à Zeitoun constitue l'un des crimes de guerre les plus accablants de cette opération.35 Le 4 janvier 2009, des unités terrestres israéliennes ont ordonné à environ 100 membres de la famille élargie Samouni de se rassembler et de se confiner dans un seul entrepôt.36 Après les y avoir parqués sans nourriture ni eau pendant 24 heures, l'armée a ordonné une frappe aérienne et des tirs d'obus directement sur ce même bâtiment.35 Vingt-et-un membres de la famille, exclusivement des civils, ont été tués, et des dizaines d'autres gravement blessés.37 Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) s'est vu interdire l'accès aux lieux par l'armée israélienne pendant plusieurs jours, laissant des enfants blessés survivre à côté des cadavres en décomposition de leurs parents.35

Enfants identifiés tués lors du massacre de la famille Samouni (Janvier 2009) Âge
Azza Salah Al Samouni 3 ans
Ahmed Attiyah Al-Semouni 4 ans
Ameen Attiyah Al-Semouni 4 ans
Mohammed Hilmi Al Samouni 5 ans
Mu'tassim Mohammed Al Samouni 6 ans
Rifka Wael Al Samouni 8 ans
Fares Wael Al Samouni 12 ans
Ishaq Ibrahim Al Samouni 14 ans
Ismail Ibrahim Al Samouni 16 ans
Huda Nael Al Samouni 17 ans

Source : Enquêtes du PCHR, Al-Haq et Al Jazeera 38

Deux jours plus tard, le 6 janvier, la famille Al-Daya connaissait un sort similaire. Un F-16 a largué une bombe sur leur maison du quartier de Zeitoun, oblitérant le bâtiment et tuant 22 membres de la famille, dont la majorité écrasante étaient des femmes et des enfants.36 Ces exterminations généalogiques n'étaient pas des erreurs algorithmiques ; elles constituaient une application stricte de la doctrine militaire visant à maximiser la destruction de l'infrastructure sociale palestinienne pour asseoir une dissuasion par la terreur (la doctrine Dahiya).

Pilier de Défense (2012) et le retour des massacres familiaux

L'« Opération Pilier de Défense », menée en novembre 2012, s'est étalée sur huit jours et a coûté la vie à au moins 158 Palestiniens. L'organisation Defense for Children International (DCI) a confirmé que sur ce total, 33 victimes (soit plus de 20 %) étaient des enfants tués par les attaques israéliennes.40 Le mode opératoire de l'effacement familial a récidivé le 18 novembre 2012, lorsqu'une frappe aérienne a détruit le domicile de la famille Al-Dalu à Gaza, tuant 12 civils à l'intérieur, dont de nombreux enfants, démontrant que la maison n'offrait plus aucun refuge.42

Opération Bordure Protectrice (2014) : Le ciblage à ciel ouvert

À l'été 2014, le prétexte du meurtre de trois adolescents israéliens en Cisjordanie a servi de déclencheur à l'« Opération Bordure Protectrice », une guerre de 51 jours d'une férocité débridée.43 Plus de 2 200 Palestiniens ont péri, parmi lesquels B'Tselem et le Ministère de la Santé ont recensé plus de 500 enfants.44

L'assassinat en direct des garçons Bakr (Juillet 2014)

L'incident le plus paradigmatique de la cruauté technologique et de la déshumanisation des cibles a eu lieu le 16 juillet 2014, sous les yeux de la presse internationale. Peu après 16 heures, un petit groupe de cousins de la famille de pêcheurs Bakr, âgés de 9 à 11 ans, jouait sur la plage déserte près du port de la ville de Gaza.47 Un navire de la marine israélienne croisant au large a tiré un premier obus sur une cabane de plage.48

Au moment où la fumée se dissipait, les correspondants étrangers postés sur la terrasse de l'hôtel Al-Deira, situé à peine à 200 mètres de là, ont aperçu les silhouettes terrifiées de quatre petits garçons fuyant à découvert le long du mur de la marina en direction de l'hôtel.48 Alors qu'ils couraient frénétiquement à découvert sur le sable, parfaitement visibles et identifiables comme des enfants, les opérateurs militaires israéliens ont réajusté leurs coordonnées et ont tiré un second obus directement sur le groupe de fuyards, approximativement 40 secondes après le premier tir.49

Les témoins ont hurlé « Ce ne sont que des enfants! », mais l'explosion a fauché les quatre garçons sur le coup : Ahed, Zakaria, et deux prénommés Mohammad, tous âgés entre 7 et 11 ans.49 Trois autres enfants ont réussi à atteindre l'hôtel, le corps criblé d'éclats d'obus : Hamad (13 ans), touché à la poitrine ; Motasem (11 ans), blessé à la tête et aux jambes ; et un jeune homme de 21 ans, Mohammad Abu Watfah, frappé à l'estomac.48

La suite juridique de cette atrocité en plein jour est symptomatique. En juin 2015, onze mois après les faits, l'armée israélienne a annoncé la clôture de son enquête interne sans engager la moindre poursuite disciplinaire ou criminelle. Le porte-parole a qualifié l'événement de « tragédie », arguant que les enfants avaient été confondus avec des militants fuyant un compound du Hamas.48 Ce blanc-seing accordé au meurtre filmé d'enfants sur une plage ouverte valide la thèse selon laquelle aucune vie palestinienne n'est protégée.

Parallèlement à la plage, les bombardements de résidences se sont intensifiés. Le 20 juillet 2014, un raid israélien a visé un bâtiment de trois étages abritant la famille Abu Jame' à Khan Younis, exterminant 26 personnes, parmi lesquelles 19 enfants et plusieurs femmes enceintes.50

Sélection de jeunes victimes du massacre de la famille Abu Jame' (Juillet 2014) Âge
Nujud Taysir Ahmad Abu Jame' 4 mois
Bisan Bassam Ahmad Abu Jame' 6 mois
Nur Yasser Ahmad Abu Jame' 2 ans
Rinat Taysir Ahmad Abu Jame' 2 ans
Soheila Bassam Ahmad Abu Jame' 3 ans
Siraj Yasser Ahmad Abu Jame' 4 ans
Bitul Bassam Ahmad Abu Jame' 4 ans
Sajedah Yasser Ahmad Abu Jame' 7 ans
Husam Husam Abu Qeins 7 ans

Source : Rapports d'investigation de B'Tselem 50

Le 12 juillet 2014, la famille Al-Batsh a subi un sort identique lorsqu'une frappe sans avertissement a détruit leur maison à al-Tuffah, tuant 11 membres de la famille, dont des bébés et des enfants de 13 ans.52 Les journalistes israéliens eux-mêmes étaient souvent censurés ou refusaient de diffuser les noms de ces enfants. Par exemple, l'Autorité de Radiodiffusion Israélienne (IBA) a refusé de diffuser un spot radio de l'ONG B'Tselem qui se contentait d'énumérer les noms d'enfants morts à Gaza, jugeant la simple mention de ces victimes comme étant « politiquement controversée ».45 Cette invisibilisation médiatique au sein de la société israélienne garantit la perpétuation du massacre dans l'indifférence.

Les marches pacifiques et l'ère de l'élimination technologique (2018-2023)

La Grande Marche du Retour : Cibler les enfants par la lunette

S'il existait encore une croyance selon laquelle la mort des enfants palestiniens résultait principalement de dommages collatéraux causés par des armes explosives à large rayon, les événements de la « Grande Marche du Retour » (2018-2019) ont anéanti cette théorie.53 À partir du 30 mars 2018, en réaction au transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem et pour exiger la levée du blocus de 12 ans sur Gaza ainsi que l'application du droit au retour des réfugiés, des dizaines de milliers de Palestiniens ont organisé des manifestations hebdomadaires le long de la barrière militarisée séparant Gaza d'Israël.55

L'armée israélienne a répondu au mouvement civil en déployant des tireurs d'élite (snipers) disposant d'ordres de tir à balles réelles hautement permissifs.53 Sur une période d'environ deux ans, les forces israéliennes ont abattu au moins 223 Palestiniens, et blessé plus de 31 000 autres (dont plus de 9 200 par balles réelles).55 Parmi les morts figuraient entre 41 et 46 enfants tués d'une balle dans la tête, le cou ou le torse.53

L'usage calculé de balles explosives visant les membres inférieurs pour estropier définitivement les jeunes a été documenté par les instances médicales. L'UNRWA a signalé que 80 % de tous les enfants traités par l'agence pendant cette période présentaient des blessures par balles réelles, prouvant que la jeunesse n'était aucunement épargnée par les tireurs.57 Une commission d'enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a publié des conclusions accablantes en février 2019 : la force létale a été employée contre des enfants qui ne présentaient aucune menace imminente pour des soldats israéliens lourdement protégés derrière des remblais et des clôtures.56 Le rapport onusien a déclaré qu'il était fort probable que les tireurs d'élite aient délibérément ciblé et abattu ces enfants.57 Cette mutilation de masse a saturé un système hospitalier gazaoui déjà exsangue, créant une crise de handicapés à vie dont les demandes de permis pour recevoir des soins orthopédiques complexes hors de Gaza étaient systématiquement refusées par l'administration militaire israélienne.54

Opération Gardien des Murs (2021) : Bombarder la santé mentale

En mai 2021, une nouvelle guerre de 11 jours, connue sous le nom d'« Opération Gardien des Murs », a éclaté à la suite de la répression violente des fidèles palestiniens dans la mosquée d'Al-Aqsa et des expulsions prévues de familles palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est.58 DCI-Palestine a qualifié 2021 d'année la plus meurtrière pour les enfants palestiniens depuis 2014, avec 86 mineurs tués (dont 61 à Gaza et 15 en Cisjordanie).59 Plus de 66 enfants ont péri sous les décombres de l'offensive aérienne à Gaza.60

Les frappes nocturnes ciblant le centre-ville de Gaza ont reproduit le schéma de l'effacement généalogique avec une cruauté redoublée. Le 16 mai 2021, des raids massifs ont détruit les immeubles résidentiels adjacents appartenant à la famille Al-Kawlak (ou Al-Qawlaq) sur la rue Al-Wehda, un artère commerçante majeure de la ville.61 Sans aucun avertissement préalable pour permettre l'évacuation, plus de 20 membres de la famille ont été tués dans leur sommeil, dont huit enfants.63

De même, le 15 mai, au beau milieu de la nuit (vers 1h30), un chasseur israélien a tiré au moins six missiles sur la maison de trois étages de la famille Abu Hatab, dans le camp de réfugiés de Shati.62 Les enfants s'étaient rassemblés dans leurs habits neufs pour célébrer la fête de l'Aïd.63 La frappe a pulvérisé l'édifice, tuant deux femmes et huit enfants. Le seul survivant extrait des décombres fut un bébé de cinq mois nommé Omar.62

Enfants tués dans la famille Abu Hatab (Mai 2021, Shati) Âge
Osama Abu Hatab 5 ans
Yamen Abu Hatab 5 ans
Miriam Abu Hatab 7 ans
Abdelrahman Abu Hatab 8 ans
Bilal Abu Hatab 9 ans
Yousef Abu Hatab 10 ans
Yahya Abu Hatab 11 ans
Suheib Abu Hatab 14 ans

Source : Rapports d'ONG et de l'UNICEF 63

La dimension psychologique de cette barbarie est incommensurable. L'organisation humanitaire Norwegian Refugee Council (NRC) a révélé une vérité terrifiante : parmi les enfants assassinés lors des frappes sur la rue Al-Wehda figuraient onze de leurs patients.63 Des enfants comme Hala (12 ans), Yara (9 ans), Dima (10 ans) et Rula al-Kawlak (5 ans) suivaient tous un programme de soins psychiatriques visant à traiter les graves traumatismes (SSPT) causés par les guerres précédentes.61 La machinerie de guerre israélienne n'a donc pas seulement fracturé l'esprit de ces enfants par des décennies de bruit, de blocus et d'explosions ; elle a fini par pulvériser physiquement leurs corps en guérison.63

"Aube Naissante" (2022) et "Bouclier et Flèche" (2023) : Le ciblage préventif

La stratégie du « tondre le gazon » (mowing the lawn), terme militaire israélien désignant les campagnes de bombardements régulières visant à affaiblir les capacités des factions armées sans résoudre politiquement le conflit, s'est poursuivie jusqu'à la veille d'octobre 2023.

En août 2022, Israël a lancé l'« Opération Aube Naissante », une offensive dite "préventive" contre le Jihad Islamique Palestinien (PIJ).65 Au cours de cette flambée de violence, 49 Palestiniens ont été tués par Israël, dont 17 enfants (et quelques autres victimes attribuées à des roquettes palestiniennes retombées court).64 Le ciblage de hauts gradés du PIJ a engendré de multiples victimes collatérales infantiles.67

En mai 2023, à peine quelques mois avant les événements d'octobre, la mort du leader palestinien Khader Adnan des suites d'une grève de la faim de 87 jours dans une prison israélienne a conduit à des tirs de roquettes.66 Israël a riposté avec l'« Opération Bouclier et Flèche », visant spécifiquement l'élimination des cadres du Jihad Islamique.66 Le 9 mai, des frappes aériennes surprises avant l'aube ont assassiné les commandants ciblés directement dans leurs lits, aux côtés de leurs familles, tuant instantanément dix civils innocents.66

Parmi les victimes de ces frappes de précision chirurgicale figuraient les enfants des cibles. Ali et Mayar, le fils et la fille de Tareq Izz al-Din, ont été tués, tout comme Hajar, la fille de Khalil al-Bahtini.70 L'ingénierie militaire a consciemment accepté d'incinérer des enfants endormis pour assurer le succès de la décapitation du leadership ennemi. Ce mépris absolu pour la distinction entre combattants et civils mineurs a préparé le cadre doctrinal de l'horreur à venir.

La guerre de génocide et d'anéantissement (2023-2026) : L'industrialisation de la mort infantile

Le postulat selon lequel la guerre débutée en octobre 2023 représente une anomalie en réponse aux massacres menés par le Hamas s'effondre lorsque l'on observe la continuité doctrinale. Ce qui s'est produit à partir d'octobre 2023 n'est pas la naissance d'une nouvelle violence, mais l'abrogation totale de toutes les retenues cosmétiques d'une matrice d'élimination déjà perfectionnée. L'armée israélienne est passée de l'artisanat du dommage collatéral à la destruction industrielle de la population gazaouie.

Les rapports internationaux de mi-2026 estiment que la campagne de pilonnage massif, combinant des bombes américaines de 2000 livres et des systèmes d'intelligence artificielle attribuant des cibles civiles ("Gospel", "Lavender"), a provoqué la mort d'environ 19 000 enfants et la mutilation de plus de 42 000 autres.41 En considérant les enfants toujours disparus — écrasés sous le béton ou kidnappés par les forces terrestres — l'ONG Save the Children avance un chiffre de 21 000 enfants volatilisés ou morts non comptabilisés.41 Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) totalise plus de 50 000 enfants directement tués ou gravement blessés.71

L'ampleur de ce massacre défie la quantification classique. Des experts de l'ONU, des directeurs régionaux de l'UNICEF, des sociologues ainsi que des instances juridiques internationales dénoncent un risque plausible de génocide, notamment au regard du meurtre de masse et des conditions calculées pour entraîner la destruction physique du groupe.7 Israël a même été officiellement placé par l'ONU sur la « liste de la honte » des pays violant les droits des enfants lors de conflits armés.41

La radiographie du massacre : 14 pages de nourrissons

La preuve la plus viscérale de la fureur aveugle et de la nature génocidaire de cette campagne a été révélée fin 2024. Le Ministère de la Santé de Gaza a publié un registre clinique de 649 pages (et plus tard une version étendue de 1 516 pages) recensant le nom, l'âge, le genre et le numéro d'identité de plus de 34 000 Palestiniens dont la mort avait pu être formellement confirmée et identifiée parmi les plus de 42 000 tués.74 Ces données, jugées crédibles par les agences onusiennes et des études indépendantes publiées dans la revue The Lancet 76, dressent un portrait terrifiant de la cible réelle des bombes israéliennes.

Ce qui a le plus frappé la communauté internationale et les analystes, c'est que les 14 premières pages de ce document ne contiennent que les noms de bébés âgés de zéro an (moins d'un an).74 Au moins 274 de ces bébés sont nés pendant les bombardements et ont été tués avant de pouvoir prononcer un mot.75

Répartition démographique des décès d'enfants (2024-2025) % du total Nombre identifié
Nourrissons (Moins de 1 an) 5,7 % 876 – 973
Petits enfants (1 à 5 ans) 26,3 % 4 110
Enfants (6 à 12 ans) 36,8 % 5 745
Adolescents (13 à 17 ans) 31,2 % 4 882
Total partiel documenté nominativement 100 % 15 613+

Source : Compilation des données du Ministère de la Santé, UNICEF et enquêtes démographiques 51

La violence ne s'est pas limitée aux frappes directes. Outre les enfants calcinés dans leurs tentes dans des zones soi-disant "sûres" à Rafah ou à Khan Younis (où l'on recense des tragédies comme celle de la famille al-Najjar dont 9 frères et sœurs sur 10 ont brûlé sous les décombres) 51, la stratégie militaire a inclus un blocus de la survie.7 L'arme de la famine, la privation d'eau potable causant une déshydratation fatale, l'effondrement provoqué du système hospitalier interdisant les anesthésies pour les amputations, ont exponentiellement augmenté le nombre d'enfants décédés de causes évitables.7 Lisa Doughten, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a tristement déclaré devant le Conseil de sécurité que Gaza abrite désormais la plus grande cohorte d'enfants amputés de l'histoire moderne.72

Synthèse analytique : La nécropolitique israélienne et le mythe du commencement

L'intégration de près de quarante années de données historiques permet de dégager plusieurs constats structurels qui invalident la narration faisant d'octobre 2023 un point d'origine absolu :

1. La continuité de la doctrine de la force disproportionnée et du dommage accepté

Depuis le ciblage des lanceurs de pierres en 1987 jusqu'à la bombe d'une tonne jetée sur l'immeuble des Shehadeh en 2002, et enfin aux campagnes d'anéantissement généalogique depuis 2008 (Samouni, Al-Kawlak, Bakr), l'évolution militaire s'est faite vers une désensibilisation technologique. L'armée israélienne a méthodiquement élargi la notion de "cible légitime" pour y inclure les infrastructures civiles, tolérant l'élimination de dizaines de mineurs pour atteindre un objectif tactique. Le "brouillard de la guerre" est devenu un écran de fumée doctrinal justifiant le meurtre industriel.

2. Le massacre comme vecteur d'effacement de la mémoire et de l'avenir La récurrence de la destruction de familles entières (souvent s'étalant sur trois générations) transcende le cadre de la tactique militaire classique.36 Tuer la lignée complète d'une famille gazaouie, c'est effacer les archives sociales, la mémoire d'un quartier et la possibilité d'une transmission générationnelle. Le fait que des milliers de bébés de moins d'un an figurent sur les registres de mort souligne une dynamique de destruction du futur palestinien. L'acte de tuer des enfants suivant des thérapies de traumatologie par le NRC 63 révèle la cruauté totale d'un système qui punit la population non seulement pour sa résistance, mais pour sa simple existence.

3. La justice militaire : Une architecture d'impunité légale Le mythe d'une armée "morale" enquêtant sur ses propres crimes a été maintes fois réfuté, que ce soit par l'acquittement et la promotion de l'officier ayant vidé son chargeur sur la petite Iman Al Hams 17, ou par la clôture du dossier concernant les enfants abattus sur la plage.48 Le système judiciaire militaire israélien ne cherche pas à établir la justice pour les victimes palestiniennes ; il fonctionne comme un bouclier juridique conçu pour bloquer l'intervention de juridictions internationales telles que la Cour Pénale Internationale (CPI), en simulant des enquêtes internes qui aboutissent invariablement à des non-lieux pour les exécutions commises dans le cadre des protocoles opérationnels.54

Conclusion

L'analyse de l'historique des décès d'enfants palestiniens dans la bande de Gaza, de la Première Intifada jusqu'au conflit apocalyptique de 2023-2026, met en évidence une vérité terrifiante et incontestable : le meurtre d'enfants par l'État israélien n'est pas le fruit du hasard, ni un dérapage regrettable, ni une réponse exceptionnelle née du traumatisme d'octobre 2023. Il est la manifestation systémique, mesurable et doctrinale d'une occupation qui, depuis des décennies, considère la jeunesse de Gaza comme une variable d'ajustement balistique et une menace démographique.

Faire croire que l'anéantissement a débuté le 7 octobre revient à effacer les balles logées dans le corps de la jeune Iman Al Hams, à ignorer les tirs de snipers sur les adolescents de la Marche du Retour, à censurer les obus déchiquetant les garçons Bakr sur une plage en plein été, et à étouffer les hurlements des patients traumatisés de la rue Al-Wehda pulvérisés pendant leur sommeil. L'horreur des années 2020 n'est que la conclusion logique et génocidaire d'une culture d'impunité qui, pendant près de quarante ans, a appris que le sang des enfants palestiniens pouvait être versé sans que la communauté internationale n'exige la moindre véritable reddition de comptes.

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